Le REER conjoint est l'un des outils les plus puissants de planification fiscale de retraite au Canada. Il permet au conjoint ayant le revenu le plus élevé de cotiser dans le REER au nom de l'autre conjoint — et d'en prendre la déduction lui-même.
Comment fonctionne le REER conjoint ?
- Le cotisant (revenu élevé) verse dans le REER et prend la déduction fiscale
- Le rentier (conjoint) est propriétaire du compte
- À la retraite, c'est le rentier qui effectue les retraits — imposés à son taux (généralement plus bas)
L'avantage fiscal du fractionnement de revenu
| Scénario | Revenu retraite / personne | Taux marginal | Impôt total |
|---|---|---|---|
| Sans REER conjoint : tout dans FERR#1 | 80 000 $ (personne A) / 0 $ (B) | ~45 % (A) | ~36 000 $/an |
| Avec REER conjoint équilibré | 40 000 $ (A) / 40 000 $ (B) | ~33 % chacun | ~26 400 $/an |
| Économie annuelle | ~9 600 $/an | ||
La règle des 3 ans — attention !
Si le rentier effectue un retrait du REER conjoint dans les 3 années civiles suivant la dernière cotisation du cotisant, le montant est imposé dans les mains du cotisant (pas du rentier). Cette règle vise à empêcher le fractionnement à court terme.
⚠️ Exemple de piège : Vous cotisez au REER conjoint en décembre 2024. Votre conjoint retire en janvier 2026 → 2024 était la dernière cotisation → seulement 2 années civiles se sont écoulées → montant imposé dans VOS mains, pas les siennes. Patientez jusqu'en 2028 (3 ans civils complets après 2024).
REER conjoint vs fractionnement de revenu de pension
Depuis 2007, les couples peuvent aussi fractionner jusqu'à 50 % de leur revenu de pension admissible (FERR, rente). Le REER conjoint reste utile avant 65 ans et lorsque l'un des conjoints n'a pas de revenu de retraite qualifié.